Avion F-HCRF

Ce 337 est un avion construit par Reims Aviation et à été vendu avec une dizaine d’autres, à l‘Armée de l’Air Portugaise en 1974 par Pierre Clostermann que j’ai eu le privilège de connaître, PDG de Reims Aviation à l’époque. Le Portugal était alors en guerre avec l’Angola et était placé par la France sous embargo. Afin de détourner l’embargo, Pierre Clostermann a vendu ces quelques avions démontés (après vols d’essais à Reims) puis les a envoyés discrètement au Portugal par camions chez OGMA (qui travaille toujours actuellement sur le programme Airbus) qui en a changé les plaques constructeur et les a remplacé par les siennes. Mon avion est donc théoriquement un OGMA Super Skymaster FTB 337 G. C’est le N° 0025 de la série de Reims Aviation qui en a construit une petite centaine (dont 30 autres pour le Portugal.. mais officiellement..) . Ces avions avaient la possibilité d’être armés, mais la guerre en Angola s’étant terminée au cours de la livraison de ces avions, ceux-ci ne l’ont jamais été. Reims Aviation à construit ces avions en y incluant les dernières évolutions de l’époque avec le système STOLL de chez Robertson directement intégré, des moteurs avec turbo plus puissants que le Cessna 337 normal, et différentes améliorations, ce qui n’a pas, semble-t-il,.. beaucoup plu à CESSNA.
Ensuite ces avions n’existant théoriquement pas, ils n’ont pas été reconnus par Cessna et ces avions sont restés cloués au sol pendant 40 ans. Mon avion n’avait que 709 heures depuis neuf quand je l’ai acheté. Mais entre temps une Société Espagnole l’avait racheté avec 4 autres pour les reconstruire et faire du travail aérien. Pour ce faire, ils ont installé des groupes moto propulseurs et des tableaux de bords équipés de matériel moderne, le tout neuf bien sur. L’Europe ayant décidé d’interdire ce type de travail aérien qu’était le repérage en méditerranée des bancs de thons au profit des pêcheurs qui ensuite faisaient un carnage.. Ces avions ont à nouveau été cloués au sol. J’en ai sauvé un exemplaire au prix de beaucoup d’heures travail pour sa remise en état de vol et son classement sous RCDN Français.
J’ai remis cet avion dans les couleurs militaires de l’Armée de l’Air Sud Vietnamienne. Ce type d’avion sous la dénomination US de O2 a été utilisé en grand nombre durant la guerre du Vietnam par les Armées de l’Air US et Sud Vietnamienne pour le repérage et le marquage des cibles, pour le repérage des pilotes qui s’éjectaient au dessus de la forêt vierge Nord Vietnamienne (voir le film « BAT 21″avec Gene Ackmann et Dany Glover), le strafing, (mitraillage et rocketes), la distribution de tracts et la propagande radiophonique lorsqu’ils étaient équipés d’énormes hauts parleurs.
Notre premier meeting a été celui de La Ferté 2017 ou cet avion à semble-t-il été apprécié. Nous avons terminé sa décoration à 22 h le jeudi et il était à La Ferté le vendredi matin..voir photos.

Le pilote

Raymond Frappot, 
J’ai 75 ans, j’ai commencé à piloter tardivement en 1985 pour aider des copains qui faisaient des meetings, car seule la pratique de la voile m’intéressait à cette époque. J’ai tout de suite été passionné par les avions de collection militaires et je pilote en meetings aériens depuis 1990 pour y présenter mes avions.
J’en ai eu plusieurs dont le SOKO J 20 « KRAGÜJ » monoplace Yougoslave d’attaque au sol et de bombardement en piqué, unique exemplaire en état de vol en Europe (à l’exception de la Yougoslavie bien sûr), un Pilatus P3 05, machine merveilleuse à piloter, malheureusement un peu sous-motorisée, l’ancêtre du PC 7, un NA T6, le F-AZDU que j’ai partagé avec un ex pilote militaire qui lui ne l’a jamais partagé avec moi… Puis six Marchetti SF 260 dont 5 que j’ai remis en état de vol et présenté en meetings toutes ces dernières années. Cet avion avait disparu du ciel de France depuis 17 ans à cette  époque. J’ai eu ensuite un Fouga Magister durant quelques années pour découvrir la propulsion à réaction ce qui fût pour moi une grande expérience aux commandes de cet avion prestigieux.  J’ai ensuite remplacé le Fouga par un YAK 3 U équipé d’un moteur en étoiles de 1450 Cv pour découvrir le frisson des pilotes de chasse de la seconde guerre mondiale aux commandes d’un vrai chasseur. Le plus rapide des Warbirds de sa génération. Le mien, le plus abouti des YAK 3 existants à ce jour, avait participé aux courses de pylones de RENO et y avait tourné dans les années 92/94 à la moyenne de 692 km/h soit des pointes à plus de 700 km/h. Enfin, depuis 2017 le Push Pull avion plus tranquille mais avec beaucoup de caractère, afin de découvrir le bi-moteur après le bi-réacteur.
Je possède bien sûr toujours un dernier Marchetti SF 260 ramené de cette grande expédition au Burkina Faso en 1992 et qui reste mon avion préféré, pour ses performances, son agilité, sa facilité de mise en oeuvre et son design exceptionnel même plus de 50 ans après son premier vol.